Kinshasa, le 19 mai 2024 – Tôt ce matin vers 4h30, la résidence de Vital Kamerhe, située dans la commune de la Gombe à Kinshasa, a été la cible d’une attaque par un groupe d’hommes armés en tenue militaire.
Selon le porte-parole de M. Kamerhe, Michel Moto, deux policiers chargés de sa sécurité ainsi qu’un assaillant ont perdu la vie lors de l’attaque qui a duré environ une heure. Fort heureusement, le vice-Premier ministre et sa famille sont sains et saufs. Leur sécurité a été renforcée suite à l’incident.
Quelques heures plus tard, la Garde républicaine a interpellé le groupe d’assaillants, qui avaient également fait une incursion au Palais de la Nation, bureau du Président de la République. Dans des vidéos partagées sur les réseaux sociaux, les assaillants, vêtus d’uniformes militaires arborant le drapeau du Zaïre, ont affirmé vouloir « changer des choses dans la gestion de la République ».
L’ambassadeur du Japon en RDC, Hidetoshi Ogawa, a appelé ses concitoyens à la prudence et à rester chez eux en attendant que leur sécurité soit assurée, des tirs étant encore entendus dans le quartier après 6h du matin.
Une réunion de sécurité est en cours pour évaluer la situation et la Garde républicaine s’est déployée sur le boulevard Tshatshi, positionnant des blindés aux abords du Palais de la Nation. Une communication officielle des autorités est attendue dans les prochaines heures pour clarifier les circonstances et les motivations de cette attaque qui a secoué la capitale en ce dimanche matin.
L’attaque contre la résidence de Vital Kamerhe à Kinshasa suscite de nombreuses réactions et interrogations
Sur les réseaux sociaux, l’attaque menée ce matin contre la résidence du vice-Premier ministre Vital Kamerhe à Kinshasa fait réagir de nombreux Congolais. Beaucoup s’interrogent sur l’identité et les motivations des assaillants, ainsi que sur les failles sécuritaires qui ont permis une telle attaque.
Certains, comme Andre Mangala, s’inquiètent de la facilité avec laquelle les assaillants ont pu entrer en RDC et atteindre la capitale : « C’est très dangereux mes amis… Par quelle voie sont-ils entrés au Congo ? ». D’autres, à l’instar de Wilthiney Kapele, s’interrogent sur le sort du corps de Christian Malanga, présenté comme le chef du commando.
Des internautes comme Maître Hilarion regrettent que l’opération des assaillants n’ait pas été « menée à son terme », estimant que les dirigeants sont « dans un déni diabolique de la réalité » et « refusent de comprendre que le peuple souffre ». Une position radicale qui ne fait cependant pas l’unanimité.
Ndaya Milka appelle quant à elle à se concentrer sur les vraies questions : « Comment sont-ils arrivés là ? D’où viennent leurs armements ? Et qui est derrière eux ? Pourquoi l’ANR ne les a pas détectés plus tôt ? ». Dans la même veine, Harry Roselmack s’étonne de l’absence de gardes républicains au Palais du peuple, se demandant s’il ne s’agit pas d’un « scénario politique ».
Au-delà des interrogations sur les circonstances de l’attaque, c’est toute la sécurité du pays et de ses institutions qui est questionnée aujourd’hui. Beaucoup attendent des autorités qu’elles fassent toute la lumière sur cet incident qui a secoué la capitale congolaise.