Moïse Katumbi largement en tête des intentions de vote selon un récent sondage
La République démocratique du Congo s’apprête à vivre une année 2023 riche en rebondissements politiques avec la tenue des élections présidentielles et législatives en décembre prochain. Alors que le président sortant Félix Tshisekedi briguera un second mandat, un nom revient avec insistance ces derniers mois dans la course à la magistrature suprême: celui de Moïse Katumbi.

- Ancien gouverneur du Katanga de 2007 à 2015, Moïse Katumbi s’était déjà présenté à la présidentielle de 2018 avant d’être empêché de se présenter.
- Il avait ensuite soutenu Martin Fayulu, arrivé officiellement deuxième derrière Félix Tshisekedi.
- Revenu d’exil en mai 2019 après 3 ans, Moïse Katumbi n’a cessé de mobiliser l’opposition au régime Tshisekedi.
Et cela semble payer si l’on en croit un récent sondage commandé par son parti Ensemble pour la République.
Le sondage donne Katumbi largement en tête
- 45% d’intentions de vote pour Moïse Katumbi
- 34% pour le président sortant Félix Tshisekedi
- 8% pour Martin Fayulu
- 4% pour Jean-Pierre Bemba
- 3% pour Adolphe Muzito

Bien que réalisé par un institut proche de Félix Tshisekedi, ces chiffres confirment la popularité intacte de l’ancien gouverneur dans son fief du Katanga, région la plus riche et la plus peuplée du pays.
Avec 1/5 des sièges à pourvoir aux législatives, le Grand Katanga sera déterminant pour permettre à Ensemble d’obtenir une majorité parlementaire. Et avec 45% d’intentions de vote, Moïse Katumbi part avec un sérieux avantage sur ses concurrents.
Félix Tshisekedi fragilisé et impopulaire ?
De son côté, le président sortant Félix Tshisekedi apparaît en difficulté avec seulement 34% d’intentions de vote.
- N’ayant pas réussi à imposer sa marque et restant dépendant de son prédécesseur Joseph Kabila, « Fatshi » déçoit une partie de ses électeurs de 2018.
- Sa gestion de la crise du Covid19 est également critiquée.
- L’insécurité reste un problème majeur dans l’Est du pays, malgré l’état de siège.
Un bilan mitigé
Bilan de Félix Tshisekedi après 3 ans au pouvoir :
- Points positifs :
- Lutte contre la corruption
- Infrastructures
- Points négatifs :
- Chômage et pauvreté toujours élevés
- Insécurité dans l’Est
- Santé et éducation à la traîne
- Manque des libertés politiques et d’expression
Malgré le soutien affiché récemment du regroupement politique Sama Lukonde, Tshisekedi souffre toujours d’un manque de charisme et de crédibilité auprès des Congolais.
Le facteur Kabila
Joseph Kabila, qui a dirigé la RDC de 2001 à 2018, garde une influence considérable sur la scène politique congolaise.
Son parti, le PPRD, est membre de la coalition au pouvoir avec Félix Tshisekedi. Kabila conserve également de solides relais dans l’appareil sécuritaire et économique du pays.
Cette persistance du « système Kabila » est une source de mécontentement populaire que Moïse Katumbi espère capitaliser dans les urnes.
- Joseph Kabila soutiendra-t-il ouvertement Tshisekedi pour 2023 ? Rien n’est moins sûr.
- Une alliance secrète entre Katumbi et Kabila n’est pas non plus à exclure.
Vers des élections apaisées ?
Alors que les élections de 2006, 2011 et 2018 ont été entachées de violences et de fraudes massives, l’enjeu pour 2023 est d’organiser un scrutin crédible, sans contestation majeure.
Plusieurs défis devront être relevés :
- Un fichier électoral fiable
- Des machines à voter bien fonctionnelles
- Une sécurisation des bureaux de vote
- La présence d’observateurs internationaux
- L’acceptation des résultats par tous les candidats
La CENI et la Cour constitutionnelle, souvent accusées de partialité par le passé, devront montrer leur indépendance et leur professionnalisme.
La synergie entre acteurs politiques et institutions électorales sera déterminante pour éviter les crises post-électorales à répétition que connaît le pays.
Si le processus se déroule de manière satisfaisante, ces élections pourraient ouvrir un nouveau chapitre de l’histoire politique congolaise, avec l’alternance démocratique qui fait encore défaut. L’enracinement de l’Etat de droit passera par là.
A suivre donc dans les prochains mois, avec un Moïse Katumbi plus que jamais déterminé à prendre sa revanche et à conquérir le pouvoir qui lui avait échappé en 2018. Le vent du changement soufflera-t-il sur Kinshasa fin 2023 ? Réponse dans les urnes…